Dans le nord-ouest de la municipalité de Čitluk s’étend la paroisse de Čerin, qui comprend dix localités : Čerin, Čalići, Dragićina, Gornji et Donji Hamzići, Gornji Veliki Ograđenik, Gornji Mali Ograđenik, Donji Veliki Ograđenik, Donji Mali Ograđenik et Donja Blatnica. Environ 4 000 habitants vivent dans ces dix villages. Le protecteur de cette paroisse, fondée en 1864 et l’une des plus anciennes de l’Herzégovine, est saint Étienne, le premier martyr.
La construction de l’église paroissiale a débuté en 1880 sur l’emplacement d’une ancienne église (et peut-être d’un monastère) détruite probablement en 1668 par les Turcs. L’église de saint Étienne, le premier martyr, est située sur une colline de Čerin, offrant une vue panoramique sur le vaste champ de Broćanac. Entourée de chênes centenaires, elle est considérée comme l’une des plus belles églises d’Herzégovine. À proximité de l’église se trouve également un imposant monument dédié aux Croates tombés pendant les deux guerres mondiales, l’après-guerre, et la guerre d’indépendance croate.
La légende de la construction de l’église de Čerin
**”L’administration de la custodie confia à fra Marijan Miletić la tâche de construire une église. En 1863, il se décida à explorer le terrain pour trouver un endroit approprié pour une nouvelle chapelle. Le plus grand problème était de trouver une parcelle de terre qui n’appartenait pas à un Turc, car ils refusaient de vendre leurs terres aux franciscains, quel que soit le prix. En explorant la région et en se renseignant sur les propriétaires, il découvrit près de la source de Čerin une colline sans propriétaire.**
**Quand il consulta des personnes expérimentées, il apprit que les Turcs prétendaient que ce genre de terrain appartenait à celui dont il était adjacent. Fra Marijan, comme le raconte fra Andrija Nikić d’après les notes de fra Duje Ostojić, s’installa alors chez la famille d’Ivan Martinec. Par la suite, il réunit quelques personnes de confiance. Ils préparèrent des pierres, du bois et de la paille. À la tombée de la nuit, ils construisirent une petite maison en murs de pierres sèches et la recouvrirent de paille. Ils installèrent un foyer en argile et allumèrent un feu pour noircir rapidement le toit et les murs.**
**Lorsque le propriétaire turc revendiquant cette colline vit le feu, il se rendit sur place et trouva la maison et le frère avec ses hommes. Le lendemain, il porta plainte au tribunal. Ce dernier envoya des experts sur place. Les experts constatèrent que la maison semblait vieille, car son toit était noirci et le foyer paraissait ancien. Selon la loi turque, ils déclarèrent qu’elle ne pouvait être démolie. Bien que l’aga protestât, il ne put produire de documents prouvant sa propriété. Les experts déclarèrent alors la colline comme terrain de l’église.”**